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L’Ogdoade
La théologie hermopolitaine n’a pas toujours concerné l’Ogdoade telle que nous la connaissons ou l’interprétons actuellement. Celle-ci a connu un processus de maturation. Il paraît important de connaître la genèse de cette théologie afin d’en comprendre certains symboles.
La création de l’Ogdoade est vraisemblablement postérieure à l’Ennéade d’Héliopolis. A l’origine, le culte est voué à un groupe de cinq divinités. Ce groupe est constitué de la déesse Ounout et de quatre singes cynocéphales. Ounout revêt l’aspect d’une hase. C’est également le nom du XVème sepat (Oun : le lièvre wnt) qui n’est autre que le nome abritant la ville d’Hermopolis Magna (El-Achmounein en arabe). Le choix des singes cynocéphales (du grec kunos : tête et kephalê : chien) doit trouver sa signification dans le fait que le chien est l’animal sacré de Thot, principal dieu local.
C’est à compter de la Vème dynastie que le culte évolue en faveur de huit divinités élémentaires. Plus tard Thot devient le démiurge et c’est tout naturellement que l’Ogdoade lui est subordonnée. Cependant rien n’est véritablement terminé en terme d’idéologie religieuse. L’Ogdoade sera pour un temps associée à Amon et sortira de l’ombre. Elle se verra, à ce moment là, dépourvue de lien avec Thot. Ce dernier retrouve sa place dans le collège des divinités. Si l’on associe encore aujourd’hui Thot à l’Ogdoade c’est certainement que ce dieu est le représentant du nome dans lequel est née cette théologie. Amon quant à lui resplendira sur toute l’Egypte. Il n’est de ce fait pas aisé de lier Amon et l’Ogdoade.
A l’origine, les huits divinités appartiennent au néant. Le monde n’existe pas. Elles ne revêtent aucune forme et aujourd’hui il n’est pas possible de leur en proposer une. Elles finiront pas créer une volonté de création. Il s’agira de la toute première étincelle de vie. Les divinités vont alors se regrouper en quatre couples afin de personnifier les éléments du chaos précédant la création.
Chacun des couples est formé d’un dieu et de son entité féminine. Noun et Nounet personnifient l’eau initiale, Kekou et Kekout les ténèbres. Heh et Hehet représentent l’infinité spatiale, Amon et Amonet ce qui est caché. La représentation de ces divinités est des plus simples. Les entités masculines ont des têtes de grenouilles et les féminines des têtes de serpents. Toutes sont surmontées de têtes de chiens. Ces quatres couples représentent l’état primordial avant la création du monde. On ne retrouve pas dans cette cosmogonie le véritable dieu créateur. C’est sous les traits du dieu de la lumière qu’il apparaît lorsque l’on en vient à le mentionner.
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Avec l’aimable autorisation d’Alain Guilleux, Une promenade en Egypte Les tombes de Bannentiu, oasis de Bahariya |
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Un texte d’Edfou relate l’apparition de l’ogdoade et son effet initial sur l’organisation du monde :
« Au sein de l’océan primordial apparut la terre émergée. Sur celle-ci, les Huit vinrent à l’existence. Ils firent apparaître un lotus d’où sortit Rê, assimilé à Shou. Puis il vint un bouton de lotus d’où émergea une naine, auxiliaire féminin nécessaire, que Rê vit et désira. De leur union naquit Thot qui créa le monde par le Verbe. »
Le culte est bien différent de ce que l’on a tendance à imaginer. Il prend la forme d’une conversation menée par les prêtres au nom d’Horus. Le roi est en effet l’égal des dieux, il garantit que l’offrande soit acceptée en échange de l’assurance du respect de la loi de Maât.
Le respect de la Maât est le concept fondamental de la culture égyptienne. Elle garantit la justice et l’action droite des hommes. Si les dieux doivent l’accomplir, c’est aux hommes d’en assurer sa perpétuité. Le roi n’en est que le médiateur.

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